My own private Waterloo: Eurovision contre Nuit Européenne des musées

Afin de relever le niveau culturel moyen de ce blog commençons par une citation d’un de nos plus grands écrivains et poètes Français : « Et de l’union des libertés dans la fraternité des peuples naîtra la sympathie des âmes, germe de cet immense avenir où commencera pour le genre humain la vie universelle et que l’on appellera la paix de l’Europe. »(Victor Hugo, Extrait de Choses vues). Cette paix, nous, Européens, en jouissons comme d’un fait acquis sur lequel nous ne nous interrogeons plus. Et pourtant cette quiétude n’est qu’apparente puisque chaque année, au début du printemps, « Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !« , les clameurs d’un terrible affrontement opposant les plus grandes nations européennes nous parviennent jusqu’au sein même de nos foyers. Une fois retentie dans le poste l’ouverture orchestrale du Te Deum (clique et monte le son, ambiance assurée dans l’Open Space!) de Marc-Antoine Charpentier c’est le branle-bas de combat du concours Eurovision de la Chanson, reconstitution technicolor en spandex et satin des plus grandes batailles européennes.

Les racines guerrières de cet évènement en apparence innocent, et dont je célèbre religieusement le retour chaque année comme un prétexte à une soirée à thème à la fois ludique et instructive sur la place de la France sur l’échiquier Européen (onze des douze derniers gagnants de l’Eurovision ont chanté en anglais, le représentant Français cette année chante en Corse et les Belges ne votent plus pour nous : notre place sur l’échiquier c’est sous la table en fait…), ces racines donc percent régulièrement la couche de fond de teint. Ainsi récemment en 2009 lorsque la Géorgie décide de se retirer du concours organisé à Moscou, les organisateurs lui ayant demandé de changer leur chanson »We don’t want put in » (jeu de mot subtile huhuhu, put in, Poutine), jugée déplacée quelques mois après le conflit avec la Russie.

Autre indice troublant : la chanson désignée comme meilleure chanson eurovision de ces 30 dernières années n’est autre que Waterloo du groupe ABBA, gagnant de l’Eurovision 1974, qui dès ses premiers couplets joyeux nous rappelle que « My my, at Waterloo Napoleon did surrender ». (Si tu as encore des amis dans ton Open Space ou si tu travailles seul dans une cave mets le son à fond et cliques …. )

J’aurais du en toute logique cette année communier avec les 69 millions de téléspectateurs européen, un oeil sur France3, l’autre sur devantlatele.com pour commenter via Twitter les détails les plus kitchs de la soirée. Mais cette année ils ont merdé à Bruxelles, ou à Strasbourg, ou à Génêve. Je sais pas où, je sais pas qui, mais quelqu’un quelque part dans les milieux autorisés des affaires culturelles Européennes à clairement fondu un transistor.

En effet cette année, le même soir que l’Eurovision est programmée la 7ème édition de la Nuit Européenne des musées, rendez-vous annuel inscrit dans le calendrier culturel européen. Après les 1er mai et 8 mai tombés un dimanche il ne manquait plus que celà pour que je décrête officiellement l’année 2011 comme « annus horribilis » ou « année à la noix ». On pourra me rétorquer que la Nuit Européenne des musées se programme toujours le samedi le plus proche du 18 mai, date de la Journée internationale des musées de l’ICOM (Conseil international des musées), mais je ne crois pas aux coincidences, je crois aux signes.

Fait étrange, samedi dernier, en me baladant par hasard dans le 17e arrondissement de Paris, je remarque dans une petite rue perpendiculaire au boulevard des Batignolles un bâtiment aux colonnes élégantes ressemblant à une ancienne église. Il faisait très chaud et l’une des fenêtres du rez-de chaussé donnant sur la rue est entrouverte. Nous nous demandons à ce qu’est ce bâtiment, à l’intérieur un homme en chemise blanche nous entend et nous interpelle amicalement : « C’est un cloître, venez visiter, nous sommes ouverts samedi prochain pour la nuit des musées ».  J’adore découvrir des lieux insolites dans Paris, celui là est tout près de chez moi, je note donc avec plaisir l’adresse et la date, ravie de pouvoir ainsi planifier une sortie originale pour le samedi suivant, le 14 mai. (il faisait beau, j’étais clairement en mode « lala la Schtroumpf lala », d’ailleurs voici la bande-son idéale pour relire ce paragraphe, si tu as encore un ami dans l’Open Space ou si ta cave est sous un immeuble désaffecté pousse le son et clic )

Oui le 14 mai! Le même soir que la finale du Concours Eurovision du brushing et de la paillette! Et là où j’ai vraiment détecté un signe c’est en vérifiant sur le programme de la Nuit Européenne des Musées ce qu’était ce bâtiment mystérieux que j’avais prévu de visiter le samedi suivant. Il s’agit en fait du Musée de la Grande Loge de France, 8 rue Puteaux, et de ses deux temples maçonniques.

C’est là que la petite et la grande histoire se rejoignent, car en farfouillant sur divers sites web pour vérifier des détails sur la bataille de Waterloo je découvre un détail troublant et méconnu sur les officiers Francs-maçons, qui se sont en fait retrouvés confrontés à leurs « frères » dans les camps adverses (un peu comme dans « Nord et Sud » mais sans Patrick Swayze). Le livre « Les souvenirs d’un grognard belge » relate plusieurs cas de militaires de camps adverses qui vinrent à l’aide et sauvèrent la vie d’ennemis qui avaient fait un signe « maçonnique » dit de « détresse ».

Je vous l’ai dit, je crois aux signes. Samedi soir vous pourrez donc suivre mon livetweet de la visite d’une loge maçonnique (#NDM11 ), mais je garderai bien sûr aussi un oeil sur ce qui se passera à Düsseldorf via le hashtag #eurovision. Manquerait plus que la France gagne ce soir là! Waf Waf Waf!

Mise à jour en date du 15/05/2011 :

Comme prévu la France n’a pas gagné l’Eurovision 2011, et au grand soulagement des bookmakers qui avaient prévu l’imprevisible c’est l’Azerbaïdjan qui l’a emporté. Merci Bakou, à vous les studios…

A propos Tamala75 aka Séverine Godet

Précédemment attachée à la presse, je suis aujourd'hui consultante en marketing des services et toujours accro aux nouvelles technos. Je suis aussi Responsable éditorial de Atout DSI, site et communauté pour les DSI qui se transforment.
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3 commentaires pour My own private Waterloo: Eurovision contre Nuit Européenne des musées

  1. Alain dit :

    Manquerait plus, effectivement😀

  2. Ping : Une soirée portes ouvertes chez les Francs-maçons | La faille spatio-temporelle de Tamala75

  3. Ping : 7 techniques infaillibles pour gagner au Loto et à l’Euromillions | La faille spatio-temporelle de Tamala75

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