Faites comme T.J Miller de Silicon Valley, improvisez!

D’abord vous vous demandez probablement qui est ce T.J. Miller et ensuite pourquoi savoir improviser pourrait vous être utile à vous, dans votre vie de tous les jours.

T. J. Miller dans la série Silicon Valley

Poster extrait du Tumblr HBO dédié à Silicon Valley : http://siliconvalleyhbo.tumblr.com

T.J Miller est un comédien américain actuellement à l’affiche de la dernière série propulsée par HBO, « Silicon Valley« , série disponible en France depuis avril 2014 sur OCS City. « Silicon Valley » est une série OVNI qui réuni à la fois des acteurs crédibles dans le rôle de geeks startupers et un peu fondus du bulbe et une histoire solide, bien écrite, reposant sur la connaissance des codes et des anecdotes du milieu de la IT. Le pilote de cet OVNI est Mike Judge, créateur à la télévision des séries animées cultes Beavis & Butt-head et King Of The Hill, ainsi que de deux films que je vous conseille de mettre tout de suite dans votre liste d’envies sur Senscritique.comOffice Space (1999) dont le héro Peter est cadre informatique dans une grande société logicielle, Initech –  et Idiocracy (2007) parodie grinçante de la société américaine actuelle et de l’emprise de ses multinationales.

[Office Space a été retitré en français « 35 heures c’est déjà trop ». Si quelqu’un sait qui est la personne chez Fox Pathé Europa qui a pris cette décision, et pourquoi, merci de poster le nom et l’email de cette personne dans un commentaire sous cet article. Je promets que sa famille sera épargnée.]

T. J. Miller est entré officiellement dans l’univers de Mike Judge par le film « extract » (2009), consécration pour lui dont l’enfance avait été bercée par Beavis & Butt-head. Un rôle d’employé d’usine le jour, et de métalleux bisounours la nuit, avec une versatilité capillaire qui semble jouer un rôle important dans la carrière qu’il est en train de se construire.

L’univers d’origine de T. J. Miller est l’impro (improv aux USA), l’école de l’improvisation, et c’est là que cela devient intéressant. Cet habitué des clubs de standup sait que dans le « comique debout » la moindre erreur ne pardonne pas. Si la foule ne rit pas, c’est la mort assurée, ou pire, le bide, colossal, humiliant… Mais quand pendant une impro le public est de votre côté, un moment de grâce se produit, et le spectacle s’écrit tout seul, ou presque… après des années de gestations d’idées, d’observation des comportements, des tics de language, de tests sur scène,… tout ressort en quelques secondes avec la précision d’un scalpel.

Erryday T. J. Miller Exemple en sketchs enregistrés au Laugh Factory de Long Beach, Californie :

  • Erryday, que l’on peut résumer par « It’s not cool to drink Champagne Everyday ».
  • Proceeding hairline, où T. J. Miller improvise en mime sur le thème des cheveux après avoir remarqué ceux d’une spectatrice, et une minute plus tard part dans un délire sur l’écharpe d’un autre spectateur.

T. J. Miller has a seizure

  • et en cadeau bonus un autre sketch enregistré sur scène dans le cadre du Show #Thisisnothappening où l’on comprend que le comédien de standup fait aussi de sa propre vie un sketch, même quand il s’agit de raconter les pires moments de sa vie. T. J. Miller y raconte ici son hémorragie du cerveau en 2010, son transport à l’hôpital et son réveil devant un « proxy ». Lui non plus ne savait pas ce que c’était un proxy avant… mais vous en avez peut être déjà croisé un si vous êtes un habitué des conférences IT.

Michael Bay et le cauchemar du prompteur au CES 2014A présent regardons ce qu’il se passe quand une personne ne sait pas improviser car son mode de fonctionnement est le contrôle absolu de son environnement : prenons l’exemple de Michael Bay, réalisateur de Armageddon et Transformer, dieu vivant du cinéma d’action américain, poète de la pyrotechnie, décrit par ses collaborateurs comme un perfectionniste, un tyran, un « control freak ». Observons ce qu’il se passe quand le prompteur prévu pour faire défiler le texte de son intervention sur scène lors du CES 2014, pour vanter un nouvel écran Samsung, mélange son texte avec celui d’un des VP de Samsung Electronics America. Comme l’expliquera dès le lendemain Michael Bay, ce qu’il s’est dit à ce moment là, pris de panique sur scène, c’est « there is no way I am gonna improv’ my way back. (…) I just got to go or I’m gonna embarrass myself more« . Dommage car justement l’improvisation aurait pu lui permettre de retomber sur ses pieds en faisant retomber instantanément la pression du moment.

Michael Bay sait pourtant que l’improvisation est un atout dans son milieu. En effet, la multiplication des remakes et des reboots dans le cinéma américain (par exemple « The amazing Spiderman » reboot de Spiderman 5 ans seulement après le dernier Spiderman), rassure les investisseurs car le public aime voir ce qu’il connait et ne pas prendre de risques, mais oblige les réalisateurs à amener de l’innovation ailleurs que dans la « trame narrative » déjà connue du spectateur. Une solution possible : injecter un peu de l’énergie du standup et de l’improv’ dans la dynamique du jeu des acteurs, en mixant des comédiens formés par Hollywood et des comédiens issus de la scène. Et c’est là que le satellite T. J. Miller est venu orbiter autour de la planète Bay, casté dans Transformers 4.

Quand on demande à T. J. Miller « comment est-ce de travailler avec Michael Bay? » sa réponse renvoie à la folie et la tyrannie du créateur : « It is like looking into the mind of madness and then having him tell you move out of my way I am trying to get this shot. » Dans une longue et très sympathique interview avec un radio show américain (Rover’s Morning Glory) T. J. Miller explique justement avec beaucoup de lucidité et de franchise que son rôle dans un film n’est pas d’influencer la vision artistique du réalisateur, ni l’histoire (ou l’absence d’histoire!), mais d’injecter sa petite dose d’humour et d’improvisation avec efficacité.

Yogi bear et T. J. MillerPréparez vous donc à voir de plus en plus d’impro dans vos films et séries préférées, car un bon comédien d’impro est probablement moins cher que toute une équipe d’auteurs, pour le meilleur comme pour le pire. N’hésitez pas non plus à utiliser au quotidien les techniques d’observation et de retournement de situation de l’école de l’improvisation, elles vous sauveront peut être la vie un jour, même face à un ours.

 

Règle numéro un de l’improvisation : accepter ce que propose votre partenaire d’impro. Ensuite l’écouter, puis percuter dans l’instant en acceptant de prendre des risques (cf. Les 10 règles de l’improvisation théâtrale à utiliser pour vos prises de parole, sur le blog Astuces Entrepreneurs).

Illustration avec la vidéo que T. J Miller avait envoyée aux Studios Warner Bros. le montrant jouant face à un ours pour décrocher un rôle dans le film Yogi the Bear. En fait il avait déjà été choisi mais il ne le savait pas encore et voulait assurer le coup… Moment de grâce quand l’ours lui arrache son script, et que T. J. Miller lui répond tout simplement : « ok, let’s just improvise, shall we ?« .

T. J. Miller, un marshmallow et un ours - Yogi Bear

A propos Tamala75 aka Séverine Godet

Précédemment attachée à la presse, je suis aujourd'hui consultante en marketing des services et toujours accro aux nouvelles technos. Je suis aussi Responsable éditorial de Atout DSI, site et communauté pour les DSI qui se transforment.
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3 commentaires pour Faites comme T.J Miller de Silicon Valley, improvisez!

  1. Ping : Faites comme T.J Miller de Silicon Valley, impr...

  2. Comme tu me l’as gentiment ordonné voici mon commentaire🙂 Comme je disait sur twitter, ne pas confondre impro et « à l’arrache ». l’impro demande beaucoup de travail préparatoire, ce qui permet sur un sujet de bien maitriser les différents aspects du sujet. Mais attention, une impro mal préparée se transforme inévitablement en « à l’arrache ». Dans ce cas au moins prévoir au minimum un plan B que vous maitrisez pour vous y engouffrer en cas de coup dur.

    • Tamala75 dit :

      Merci Michel pour cette précision importante, effectivement même les pros de l’impro ont leur « material » : des histoires à intégrer dans leur trame d’impro pour toujours retomber sur leurs pattes🙂

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