#nuitblanche : 5 questions à peu près, avec Garbage Beauty

Et oui, c’est déjà la Nuit Blanche ! Alors vous-vous demandez peut être comment choisir votre programme pour cette 13ème nuit de débauche artistique? Il existe une solution simple et propice à la découverte : imprimez la carte des parcours de QuefaireaParis, accrochez-la sur un mur et visez-la avec des fléchettes. Si vous ne disposez pas de mur, ou de fléchettes, ou ne souhaitez-pas ruiner votre mur avec des fléchettes, voici une belle piste à suivre : celle des ordures.

Attention, pas n’importe quelles ordures ! Vous ne trouverez pas au programme de la Nuit Blanche une balade nocturne en camion poubelle sur la rive gauche, au fil des sentiers de Grande Randonnée Artistique. On vous propose plutôt d’aller à la rencontre des ordures sublimées par le collectif de Street art « Garbage Beauty« , des Montréalais invités à Paris pour l’installation « les rejetés ». Ce projet de résidence est réalisé dans le cadre du festival Chromatic Paris, avec le soutien de la Mairie du 13ème arrondissement et en partenariat avec Les Docks – Cité de la Mode et du Design et MASSIVart.

Vous trouverez à la fin de ce billet plus de détails sur la démarche de Garbage Beauty, à travers une interview de trois des quatre membres du collectif, rencontrés à Paris en amont de la Nuit Blanche.

Garbage Beauty

Garbage Beauty, la beauté de la calligraphie à main levée à l’état sauvage en pleine rue

Car oui les ordures, en anglais « garbage », peuvent être belles, et même poétiques et droles, quand elles se mettent à nous parler dans la rue par des petits messages calligraphiés à la main. Garbage Beauty c’est alors « la surprise, la rencontre et le sourire, là où personne ne les attend : aux ordures« . Pour ce projet parisien, les quatre fantastiques du collectif Garbage Beauty n’ont pas seulement quitté les rues de Montréal où ils officient depuis  trois ans, ils sont aussi allés à la rencontre des élèves de l’école Estienne (l’École supérieure des arts et industries graphiques – ESAIG) et du lycée professionnel Lazare Ponticelli pour les initier à leur approche qui joue sur le contraste entre « Calligraphie noble et déchet repoussant« . Leur objectif : « donner la parole à des objets remplis de vie et d’histoire, pour faire émerger la beauté de nos rejets mobiliers« .

Réalisation de Garbage Beauty avec Station 16 gallery, Montréal

Réalisation de Garbage Beauty avec Station 16 gallery, Montréal

Enfin, il ne faut pas oublier que la démarche de Garbage Beauty, qui sera présentée dans le parcours « Open Musée street art contemporain » a aussi une dimension solidaire. Les oeuvres, réalisées sur des objets amenés par des particuliers, en partenariat avec l’école Estienne, seront en effet vendues au profit du Pôle Innovant lycéen du Lycée Lazare Ponticelli, qui a entamé une démarche de sensibilisation au Développement Durable. Rendez-vous donc le samedi 4 octobre à la mairie du 13ème arrondissement pour découvrir toutes ces belles ordures préparées avec amour par Garbage Beauty.

Si la démarche de Garbage Beauty vous plait, n’hésitez pas à les suivre sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook et Instagram (c’est aussi un moyen original de découvrir Montréal au gré de leurs balades entre les quartiers Plateau Mont-Royal et Hochelaga-Maisonneuve).

Garbage beauty sur Instagram

Bien sûr je ne pouvais pas laisser passer cette occasion d’en savoir plus sur ces sympathiques Montréalais, que je suis sur Instagram depuis l’été 2013. Après quelques échanges en Direct Message Instagram et autant de bières, ils ont gentiment accepté d’inaugurer une nouvelle rubrique de ce blog, le « 5 questions à peu près »… c’est dire s’ils sont sympas!

« 5 questions à peu près », avec Garbage Beauty

Trois des quatre membres du collectif Garbage Beauty sont à Paris jusqu’à 9 octobre, les réponses apportées ici sont donc à la fois collégiales et individuelles. Oui c’est possible…


Question #1 : Pourquoi ? (une question volontairement très ouverte…)

Pourquoi Garbage Beauty? Parce que personne ne faisait ça, et qu’il ne faut pas attendre qu’on te donne la parole ou une tribune, il faut la prendre! Aussi parce que la beauté est là où personne ne l’attend, et nous on souhaite donner la parole aux objets oubliés.


Question #2 : Quelle a été votre motivation pour réaliser le projet « les rejetés » à la Nuit Blanche 2014 ?

On voulait voyager, sortir de la maison, venir à Paris. Mais le projet « les rejetés » c’est aussi travailler avec des étudiants et lycéens. On a donc pu associer dans une même démarche un projet artistique et un projet solidaire. Le lycée professionnel Lazare Ponticelli (75013) a un atelier de récup’ , les meubles qui ont été récoltés et calligraphiés seront donc ensuite vendus pour servir à nouveau, pas comme des oeuvres d’art mais comme de vrais meubles encore utilisables. C’est aussi un message important pour ces lycéens car les poubelles il ne faut pas les juger sur leur apparence. Avec la calligraphie on leur donne du panache. L’idée est grâce à ça de redécouvrir quelque chose qui en vaut la peine. Le message c’est qu’il faut écouter quelqu’un avant de le juger.


Question #3 : Qui admirez-vous et qu’est-ce qui vous inspire?

En Street Art Banksy est le plus « solide » dans le concept « une image vaut mille mots ». On admire aussi le graffeur montréalais DRE, a.k.a Earth Crusher, inspiré par la propagande des années 50 sur le « american dream » accessible à tous. On a aussi des inspirations musicales, poétiques, comme Jean Ferrat, un artiste proche des gens et visionnaire (référence à la chanson « La Montagne » et ces paroles « Et rentrer dans son H.L.M.; Manger du poulet aux hormones.« ). On est aussi inspirés par Brel, Gainsbourg, Brassens (la chanson « Le Pornographe »… du phonographe).

Ensuite, quand on est face à un object dans la rue on va travailler au feeling, avec un message entre premier degré, second degré et une punchline personnelle. Une phrase qui te représente va toucher les gens, comme par exemple écrire sur un meuble « Why did you drop me (pourquoi m’as tu laissé tomber) » c’est à la fois parler de cet objet et aussi s’identifier au sentiment de rejet que l’on peut soi-même connaitre. Chacun trouve son sens. On utilise des phrases très courtes, sur la structure d’une phrase publicitaire, pour communiquer un message. On utilise en fait les techniques de  la communication, non pas pour enrichir un individu mais pour enrichir la collectivité. C’est aussi pour cela qu’on ne fait pas de merchandising parce qu’on préfère une démarche individuelle, au feeling, et pas des objets en série. En fait, le pilier de Garbage Beauty c’est de créer une rencontre avec un individu, d’avoir un message pour une personne, comme un message personnel qu’on vient te dire à l’oreille. C’est tout le contraire d’un message publicitaire adressé à tous. Pour nous l’humain est au centre de tout.


Question #4: Garbage Beauty, quel objet abandonné rêveriez-vous de calligraphier ?

Un char d’assaut! (réponse collégiale!) Oui, un char d’assaut rouillé, un vestige, ou mieux un sous-marin, une fusée de la NASA, une épave d’avion dont on pourrait écrire le dernier message, la dernière parole. Ca pourrait venir dans le prolongement de notre démarche autour des objets insolites (de la rue) avec des objets de plus grande envergure. Pourquoi pas des vieux bateaux militaires, des camions poubelles !


Question #5 : Quelle question voudriez-vous que l’on vous pose ?

Combien de temps cela peut durer Garbage Beauty? On se posera la question de continuer quand on sera fatigué et que les gens de réagiront plus. Là on est portés par la reconnaissance des gens et une sorte d' »addiction », ça aide dans les périodes de doute. Tant qu’il y a de l’amour on continue. Et on fait ça pour le contenu, pas pour mettre en avant qui on est.


 

Merci Garbage Beauty et à bientôt pour la Nuit Blanche!

A propos Tamala75 aka Séverine Godet

Précédemment attachée à la presse, je suis aujourd'hui consultante en marketing des services et toujours accro aux nouvelles technos. Je suis aussi Responsable éditorial de Atout DSI, site et communauté pour les DSI qui se transforment.
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2 commentaires pour #nuitblanche : 5 questions à peu près, avec Garbage Beauty

  1. Bernieshoot dit :

    Un super programme, dommage de ne pas être à la capitale.
    Garbage beauty qui se livre, une belle découverte

  2. Ping : #nuitblanche 5 questions à peu pr&egrave...

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