Startup Weekend World Tour : 5 questions à peu près, avec le globe-trotter François Gobert

startup weekend world tour

Un billet de blog peut naître d’un coup de cœur, d’une inspiration soudaine, ou d’un fou-rire. Souvent c’est une bulle d’oxygène, qui peut devenir une bulle de savon et voyager de clic en clic, parfois très loin. Cette fois la bulle a parcouru 4211 kilomètres jusqu’à Téhéran en Iran. Celui qui se prête à l’exercice des « 5 questions à peu près » est François Gobert, jeune startuper français qui s’est lancé depuis septembre 2015 dans un projet un peu fou, au croisement de l’entrepreneuriat, du voyage et de la sharing economy : le Startup Weekend World Tour (#SWWT @SWWorldTour) Le concept: participer chaque week-end à un Startup Weekend (un genre de hackathon) dans un pays différent, tranquillement à base de motivation, de pouce levé sur le bord de la route et de dodos sur des canapés en mode Couchsurfing.

« 5 questions à peu près », avec François Gobert

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C’est lui en bas à gauche, en autostop en Allemagne. Son arme secrète : l’ardoise Velleda Rose :)


Question #1 : Pourquoi ? (une question volontairement très ouverte…)

Très bonne question qu’on me pose souvent. Il n’y a pas qu’un seul ‘Pourquoi’… Il y en a beaucoup… Autant que les différentes facettes de ma personnalité qui m’ont poussées à faire ce voyage. Alors, je dirais simplement, parce qu’il y a un monde dehors. Nous sommes trop souvent limités par ces frontières qui marquent notre territoire national et nous oublions qu’en fait, nous vivons TOUS sur la même terre. Je suis un citoyen du monde et je me devais de le connaître. Je n’irai pas partout mais j’apprendrai à le connaître davantage. C’est quelque chose, à mon sens, de très important pour mon éducation personnelle. Je deviendrai alors un meilleur être humain en apprenant à connaître les autres.


Question #2 : François tu viens de participer à un Hackathon à Téhéran (Tehran’s First Green Startup Weekend). Est-ce qu’un habitué comme toi des Startup Weekends a été surpris par des différences culturelles lors de cet évènement ? T’étais tu préparé différemment que pour un hackathon en Pologne, en Norvège ou en Irlande ?

Alors, des différences culturelles, il y en a eu évidemment dans tous les Startup Weekends auxquels j’ai participé ! L’Iran, c’est le 8ème pays où je participe à ce type d’événement. Mais l’Iran, c’est très différent! J’ai été surpris par plusieurs choses:

  • La participation majoritaire des femmes. Elles étaient en effet plus nombreuses que les hommes et ça, c’est une grande première pour moi dans un Startup Weekend. Généralement, je vois souvent 20, 30% de femmes participantes. Ici, c’était plus de 50% ! Quand on dit Iran, on voit une image de la femme très pessimiste. Et bien, c’est pourtant ici que j’ai vu des femmes confiantes, monter sur scènes, exprimer leurs idées et tout cela sans trop de complexe. En Europe, il y avait beaucoup plus de d’intimidation. Alors, qui a dit que les femmes iraniennes ne pouvaient même pas sortir de chez elles?
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François avec ses amis iraniens à Téhéran, en haut de la Milad Tower.

  • L’immense générosité et curiosité des participants. L’Iran s’ouvre petit à petit aux touristes mais les gens ne sont pas habitué à voir des européens. Alors, quand ça arrive, c’est avec une immense chaleur humaine qu’ils t’accueillent. On devrait en prendre de la graine en France pour que l’hospitalité ne disparaisse pas avec le tourisme de masse. J’avais ressenti le même genre de chose aussi en Colombie quand j’y ai vécu un an.
  • La censure de la liberté d’expression, palpable. L’Iran reste tout de même contrôlé par ses actuels politiques. Facebook et Twitter sont bloqués et on ne dit pas ce que l’on veut publiquement concernant le gouvernement. Récemment, il y a eu une polémique accusant l’organisation Startup Weekend d’être un organe d’espionnage. Une théorie de journaux conservateurs ici. Du coup, beaucoup de politiques sont venus fourrer leurs nez dans ce Startup Weekend Tehran pour voir si tout allait bien. Ca a rendu l’événement moins fun. Et par exemple, je n’ai pas pu présenter mon projet de Startup Weekend World Tour à tout le monde comme je le fais d’habitude à cause de cette censure…

Enfin, je ne me suis pas préparé différement et à vrai dire, je n’ai jamais vraiment le temps de me préparer… Je fonce juste…


Question #3 : Quels sont les choses les plus importantes que tu emmènes avec toi dans ton sac à dos ?

Mon sac-à-dos, comme je le dis toujours, c’est ma maison et elle fait 17Kg toute remplie.

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Spéciale dédicace à la tente Quechua.

  • Il y a bien sûr mes vêtements en partie compressés dans une poche sous vide pour gagner de la place ainsi que mes affaires de toilette. Je vous passe le détails mais j’ai de quoi passer des jours froids et chauds et ça reste léger. Voici pour ma penderie et ma salle de bain.
  • Un sac de couchage, une tente, un tapis de sol et un oreiller gonflable; ça, c’est mon lit au cas où je n’ai pas de Couchsurfing ou si je suis paumé dans la pampa après une journée d’autostop où je n’ai pas atteint ma destination. Oui, un oreiller, je tiens à mon confort.
  • Mon ardoise autostop ! Je pense dévelopement durable et j’écris toute mes destinations d’autostop sur une petite ardoise Velleda d’écolier. Elle est rose. C’est ma voiture🙂
  • Mon PC et des carnets de voyage ; je dois écrire pour mon blog, aller sur Facebook, sur Twitter, contacter les Startup Weekends et aussi, écrire mes journées de voyage (ça, c’est plus perso) pour me fabriquer mon meilleur souvenir. Ca fait beaucoup et bloguer, c’est nouveau pour moi. J’ai d’ailleurs deux bonnes semaines de retard sur mon carnet de voyage.. J’essaye d’écrire chaque journée passée à voyager mais parfois, c’est trop de choses à faire. Nous sommes ici dans mon bureau…
  • Du vrac ; des cartes postales pour ma mère et mes grands parents que je n’ai jamais encore envoyées, une boussole, une disque dur externe, 500 cartes de visites (oui je suis un voyageur avec une carte), un Kway pour les moussons, des porte-bonheur ainsi que des objets plus personnels… Je garde mes secrets. Et ici, c’est le grenier de ma maison!
  • Des petits cadeaux ; dans chaque pays, je prends quelque chose de typique et l’offre aux personnes qui m’aident dans le suivant. C’était souvent du chocolat en Europe, ça a été du café turc pour mes amis iraniens, ce sera des sucreries iraniennes pour les indiens.

Question #4 : Qui admires-tu et qu’est-ce qui t’inspire? Et si tu pouvais acquérir une qualité d’un de tes modèles en avalant une petite pilule magique, ce serait quelle qualité ?

Je suis très content que tu me poses cette question. L’inspiration, c’est quelque chose sur lequel ce voyage m’ouvre les yeux ! J’admire et je suis inspiré par certaines personnes !

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Parmi les belles rencontres de François, l’équipe avec laquelle il a remporté le Startup Weekend #4 spécial IOT à Stockholm, avec un projet excrément malin : Crapify.

Ce voyage, je le dois d’abord à ma famille qui m’a inspiré des valeurs de diversité et de curiosité, à Startup Weekend et enfin à moi même mais aussi à des tierces personnes qui sont entrées dans mon champ de vision un beau jour. Je pense à :

  • Ces trois français rencontrés à Medellin en Colombie où j’ai vécu un an l’année dernière. Ils portent le nom des Sharing Bros’ et à ce moment, ils traversaient tout le continent américain (du Nord au Sud) en utilisant l’économie collaborative en mode bons routards! On s’est rencontrés par hasard et on a passé une folle soirée à danser dans les bars de Medellin! J’ai suivi leur aventure, j’ai trouvé ça génial, je me suis dit que je devais ajouter cette d’immension d’économie collaborative à mon projet de SWWT que j’avais déjà en tête! A mon tour de faire de l’autostop et du couchsurfing !
  • Tomislav Perko ; un jour, un pote m’envoie la vidéo TEDx de ce gars, je la regarde une fois et je deviens accro. C’est un mois avant de partir. Ce type est juste génial! Il a fait le tour du monde pendant cinq ans sans budget. Il m’a vraiment conforté dans l’esprit que je voulais donner à ce voyage et m’a rassuré sur les possibilités alternatives! Grâce à lui, je vis avec une moyenne de 16€ par jour et encore, c’est beaucoup. J’ai parfois pris l’avion, le train, le bus. Je l’avoue, même si j’ai principalement fait de l’autostop ! L’argent, c’est une excuse pour ne pas partir voyager. On vit dans une société qui couronne le tourisme de masse et la consommation. L’argent est roi. Mais, il existe de nombreuses alternatives et en plus, elles permettent un vrai échange avec les locaux. Je pense à l’autostop et au couchsurfing principalement.

Quant à la pilule magique, j’aimerais ne pas être obligé de dormir pour reprendre des forces. HAHA! Je dors beaucoup et je ne prends pas assez de temps pour faire tout ce que je veux. Je n’ai cependant pas vraiment de modèles. Juste des gens que j’apprécie énormément et qui m’inspirent assez pour influencer ma vie.


Question #5 : Quelle question voudrais-tu que l’on te pose ?

Y a t-il plus de morts ou de vivants sur terre? Hahaha.. Référence à Nos jours heureux… Pardon… (Note de Tamala : j’adore ce film mais j’avais oublié cette réplique et toutes les « questions de Guillaume« :))

En vrai, je veux juste dire une chose qui est bourrée de simplicité mais très difficile pour certaines personnes à trouver. Au travers de ce voyage, je prends conscience que tout ce que je veux faire est possible. Toutes nos ambitions sont en fait faisables. Il faut juste se connaitre assez pour savoir ce que l’on veut. Et si on veut vraiment cette chose, alors on l’aura. Peu importe les moyens, tout ce qu’il faut, c’est VOULOIR !

  • Quand j’avais 18 ans, en classe prépa, je m’emmerdais en cours et j’ai commencé à dessiner un itinéraire sur la carte européenne de mon agenda. La prépa touchait bientôt à sa fin et moi j’en avais ma claque, je m’imaginais voyager de capitales européennes en capitales. Aujourd’hui, j’ai traversé la plupart de ces capitales. Et ça ne s’arrête pas là.
  • Un jour, bien plus tard, je me suis dis, JE VEUX voyager. J’ai fait une traversée de 8000km en Amérique du Sud. Un jour, après avoir vu pour la première fois Diarios de motocicleta, je me suis dis, JE VEUX voyager à moto. J’ai acheté une moto à Medellin et j’ai fait le tour du Nord de la Colombie en 3000Km. Un jour, j’ai vu plus grand et je me suis dis, JE VEUX voyager autour du monde. Aujourd’hui, je n’irai peut être pas partout, peut être même pas sur les cinq continents (l’Océanie est déjà out) mais je fais quelque chose qui ressemble vraiment à ce que je voulais ce jour là. Je voulais aussi écrire des nouvelles et des pièces de théâtre et c’est fait. Demain, je ne sais pas encore ce que je voudrai mais je sais que je n’aurai pas peur des obstacles.

Alors, ne rabaissons pas celui qui veut être astronaute, footballeur ou simplement celui qui veut faire quoique ce soit différent que trouver un job normal, acheter une voiture et regarder la télé. Ceux qui ont des projets, fous parfois, sont ceux qui ont le plus de chances de faire changer les choses et on a besoin de cela. Alors, ne nous moquons pas, ne rabaissons personne mais essayons de faire monter chez eux cette volontée d’atteindre un objectif, un rêve, une ambition.

L’important, c’est la ligne d’arrivée et le courage pour prendre le départ. Moi, on m’a parfois rabaissé, on m’a souvent regardé d’un oeil du genre « mais quel utopiste, tu vis dans le monde des bisounours », on s’est même foutu de ma gueule… mais aujourd’hui, j’ai trouvé une force énorme parce que j’ai fait ce que je voulais faire… et j’en suis fier.


Merci François et bon vent pour la suite de ton voyage !

Prochaine étape avec la petite ardoise Velleda : Calcutta en Inde,  pour le Startup Weekend Kolkata !

mapbox SWWT

Pour voir la roadmap : http://swworldtour.com/roadmap/

 

A propos Tamala75 aka Séverine Godet

Précédemment attachée à la presse, je suis aujourd'hui consultante en marketing des services et toujours accro aux nouvelles technos. Je suis aussi Responsable éditorial de Atout DSI, site et communauté pour les DSI qui se transforment.
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2 commentaires pour Startup Weekend World Tour : 5 questions à peu près, avec le globe-trotter François Gobert

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  2. Adri dit :

    Encore bravo François ! Je sens d’ici que l’Océanie a été mise sur la « to-do list » de ton prochain voyage.
    Merci Tamala pour l’interview, les questions sont simples et pertinentes; beau concept que le « 5 questions à peu près »

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