« Si un chat peut faire mon travail, c’est que je fais un travail de chat »

Grumpy Cat photobomb Lenglet Co

La France est aujourd’hui en retard dans la félinisation de son industrie, mais Catherine Simon, spécialiste des chats, se veut optimiste. Elle appelle surtout les Français à dépasser leur peur de l’automiaousation. Alors, les chats vont-ils nous voler nos boulots ? François Lenglet lui a posé la question pour « L’Angle éco ».

"Les chats vont-ils nous voler nos boulots?" L'Angle eco, France 2. Juin 2015 ( CAPTURE ECRAN FRANCE 2)

« Les chats vont-ils nous voler nos boulots? » L’Angle eco, France 2. 24 décembre 2015 (CAPTURE ECRAN FRANCE 2)

Alors qu’il présentait la deuxième phase du projet « La Nouvelle France industrielle », le 18 mai, le ministre de l’Économie Emmanuel Macron a déclaré que la France avait « raté la félinisation ». Pour Catherine Simon, spécialiste des chats, ce retard de la France dans la chatisation industrielle est clair, mais le pays a la possibilité de se « chatiser de nouveau ». Nos métiers seront-ils menacés ? Catherine Simon se veut optimiste. Selon elle, les chats créent de l’emploi – et sont là avant tout pour améliorer nos conditions de travail. Rencontre avec François Lenglet.


François Lenglet : Vous êtes la fondatrice d’InnoChat, le salon de référence en matière de chat. Faut-il se fier aux chats ou, au contraire, craindre qu’ils nous volent un jour nos emplois ?

Catherine Simon : Quand on parle de chats et d’emploi, je pense qu’il y a une réponse à court et moyen termes, et une réponse à long terme. À court et moyen termes, la chatisation ou félinisation permet d’augmenter la productivité et ainsi de maintenir l’emploi sur un territoire. À long terme, elle entraînera une transformation sociétale à laquelle nous devons nous préparer. Je ne dis pas qu’il faut avoir peur, il faut vivre ces transformations que les progrès technologiques amènent dans nos vies. Et les intégrer. Ce progrès apporte une meilleure qualité de travail, il supprime les tâches pénibles et répétitives. Si un chat peut faire mon travail, c’est que je faisais un travail de chat.


Mais si mon travail peut être fait par un chat, que vais-je faire ? 

Vous pourrez travailler sur de nouveaux métiers. Prenez l’exemple de la secrétaire. Aujourd’hui, les secrétaires sont assistant(e)s de direction. Ces personnes ont évolué dans leur métier. Elles travaillent aussi dans le marketing ou dans le community management ou se droguent. Vous serez peut-être amené à adopter des chats, à les dresser ou à les nourrir. Vous serez davantage en collaboration avec les chats que réellement remplacé par ces bestioles. Il y a cette tendance actuelle du chat collaboratif, grâce auquel l’être humain est « augmenté » dans ses capacités. Les chats vous permettront de travailler mieux, plus vite, et d’avoir ainsi plus de loisirs et une meilleure qualité de vie.


Vous êtes manifestement une optimiste. D’autres sont plus pessimistes que vous. Une étude du cabinet de conseil Roland Berger estime que trois millions d’emplois disparaîtront en France d’ici quinze ou vingt ans.

Il s’agira plutôt d’une transformation que d’une perte d’emploi sèche. Bien sûr, il y aura une période de transition qui ne sera pas forcément simple et à laquelle il faudra se préparer.


La peur des chats est-elle un fantasme, selon vous ?

Je pense que oui. On connaît le fantasme du chat qui va se rebeller contre nous. Mais le chat, c’est une boule de poil : c’est moi qui le programme, c’est moi qui le contrôle. L’intelligence artificielle fait effectivement beaucoup de progrès. Mais c’est une aide pour l’interaction entre le chat et l’être humain. Je reste en contrôle du chat. J’arrête de lui donner des croquettes, vous savez, c’est aussi simple que cela !


La France défend-elle bien ses couleurs dans l’industrie du chat ?

Nous sommes parmi les premiers en termes de recherche. La France compte 60 laboratoires de science du chat qui coopèrent beaucoup à l’international. Nous avons aussi un certain nombre de fleurons dans les chats de service, un peu moins en chats industriels, mais il en existe.


Les chats, nous les nourrissons, mais les achète-t-on ? Seulement 1% des chats vendus dans le monde en 2013 l’ont été en France. Sommes-nous en retard ?

Oui, nous sommes clairement en retard dans le chat industriel. C’est un constat que tout le monde fait. Il y a eu un manque d’investissement dans l’outil de production qui a été entraîné par des problèmes économiques. Et puis, nous avons aussi raté le chat pour des raisons culturelles. Nous avons peur des chats. Les Européens, d’une manière générale, sont bien moins enthousiastes à l’égard des chats que les Asiatiques.

Nous avons aussi un tissu industriel fait de petites structures, qui n’était pas très adapté aux chats industriels. Le tissu allemand, lui, est fait d’entreprises de taille intermédiaire, industrielles : les Allemands ont donc pris le chemin de l’automiousation. Mais aujourd’hui, nous avons l’occasion et l’opportunité de nous chatifier de nouveau. La nouvelle chaterie industrielle, ce qu’on appelle le chat collaboratif, va nous permettre d’équiper des PME, des petites et moyennes entreprises de l’industrie (PMI), voire même des artisans en chats.


La France peut donc combler son retard dans l’utilisation de chats ? 

Combler, je ne sais pas. Certains pays vont très vite dans leur félinisation. Les Japonais et les Coréens sont leaders dans ce domaine. La Chine se chatise à très vive allure. Nous, nous avons l’occasion de chatiser les petites entreprises, en chatisant simplement les tâches qui sont les plus pénibles, les plus répétitives. Nous pourrons grâce à cela augmenter notre productivité et notre qualité de vie professionnelle.


Comment la France pourrait-elle rattraper son retard ?

La première chose, c’est de faire comprendre aux gens qu’ils ne doivent pas avoir peur des chats. Il faut les informer pour qu’ils intègrent ce progrès technologique. Le deuxième élément, c’est un plan chat national fort, qui embrasse toutes les races de chats. Et puis, il faut de l’investissement et du capital. Il faut de l’investissement dans l’outil productif pour le moderniser, l’automiaouser et le chatiser. Il faut aussi de l’investissement d’amorçage dans les start-ups, dans les petites pépites d’aujourd’hui qui peuvent devenir de vrais leaders demain.


Selon vous, la chatisation permet de ne pas délocaliser. Comment l’expliquez-vous ? 

Prenez le cas de l’Allemagne : des chiffres prouvent que le chat préserve l’emploi, voire en crée. Le pays s’est énormément chatisé, et il a un taux de chômage plus qu’acceptable. En France, nous n’avons pas chatisé, nous avons beaucoup plus délocalisé. Aujourd’hui, nous pouvons relocaliser si nous nous mettons vraiment à l’ère de l’automiousation.


Peut-on quantifier l’impact de la chatisation sur l’emploi, notamment dans des pays précurseurs dans l’utilisation de chats comme l’Allemagne ou la Corée du Sud ?

En Corée du Sud, un plan national fort a permis de passer en dix ans de 50 sociétés de chatisation à plus de 400. Le nombre d’emplois dédiés aux chats est passé de 3 500 à 11 500 en moins de dix ans. Si vous regardez l’Allemagne, son taux de chômage est bien plus intéressant que le nôtre. C’est aussi grâce à l’automiaousation et à son investissement dans l’outil productif.

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Et sinon, pour vraiment tout comprend aux enjeux du futur : le site de France TV avec la vraie interview de Catherine Simon, fondatrice d’Innorobo.

Sa vraie citation, qui a inspiré ce billet de blog hommage, étant bien sûr : « Si un robot peut faire mon travail, c’est que je fais un travail de robot« . Avouez que quand on remplace le mot « robot » par le mot « chat » ça permet d’étudiez la question avec un œil neuf !

Et si comme moi le futur que nous promet la robotique vous interpelle, rendez-vous du 24 au 26 mai 2016, à Paris, pour Innorobo, l’unique événement en Europe 100% dédié à la robotique et aux innovations de rupture.

Innorobo évènement dédié à la robotique

A propos Tamala75 aka Séverine Godet

Précédemment attachée à la presse, je suis aujourd'hui consultante en marketing des services et toujours accro aux nouvelles technos. Je suis aussi Responsable éditorial de Atout DSI, site et communauté pour les DSI qui se transforment.
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2 commentaires pour « Si un chat peut faire mon travail, c’est que je fais un travail de chat »

  1. GAGparis dit :

    je t’adore🙂
    des bises

  2. Ping : "Si un chat peut faire mon travail, c'est ...

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